Chambres d'hôtes


HISTORIQUE DU MANOIR


Une attaque nocturne de 40 " chouans" au Quartier

Au temps de la " grande chouannerie " dans nos régions de l'ouest (1795/1796) des bandes armées terrorisent les habitants des bourgs et des campagnes. On rançonne, on menace, on vole et parfois même on assassine.
On dénombre deux meurtres sur le territoire de Noyal à cette époque. Au village de Jaunel d'abord et à celui de Ville-Cohin par la suite.
Une peur extréme régne partout. La peur d'être attaqué à son tour. Lorsque l'on a eu le malheur de compter parmi les victimes de ces bandes, on ressent l'absolue nécessité de rester silencieux par peur des représailles.

C'est tout à fait ce qui arrive au Quartier en juin 1795 !

Les frères Robert sont métayers au Quartier depuis plusieurs années. Ils y résident avec femmes, enfants et domestiques. Le propriétaire d'alors est Monsieur Gouyon de Beaufort, noble émigré. On sait que les biens des nobles émigrés ont été déclarés " Biens Nationaux " par le nouveau pouvoir. Les métayers Robert doivent donc payer chaque année leur fermage au Percepteur de Bazouges, lequel est chargé de recouvrir ces sommes pour le compte de la Nation. Les métayers du Quartier s'acquittent scrupuleusement de cette obligation. Quant aux " chouans " ils s'obstinent à vouloir récupérer cet argent au profit des propriétaires émigrés. Les métayers se trouvent dans l'impossibilité de payer deux fois. Alors, pour les " chouans ", tous les moyens sont bons.

L'histoire de cette attaque nocturne aurait pu demeurer ignorée si les deux s1#156.urs Lizé, servantes au Quartier n'avaient accepter de parler. Thérése Lizé est agée de 38 ans,1#156.sa sœur Marie a 32 ans. Voici ce qu'elles déclarent au juge de paix Marguerite, officier de paix à Bazouges-la-Pérouse le 12 fructidor An III (29 août 1795) :

" déposent que les chouans sont venus chez leurs maîtres viron la Saint-Jean dernière au nombre de viron quarante, que plusieurs étaient armés de fusils, qu'ils cassèrent et brisèrent plusieurs meubles, emportèrent un fusil, maltraitèrent leurs maîtres et les firent se mettre à genoux plusieurs fois pour les fusiller, qu'ils voulaient de l'argent ou qu'ils allaient tuer, qu'ils allaient enfoncer les tonneaux de cidre, qu'il faisait nuit et que plusieurs chouans étaient restés dans la cour, qu'ils volèrent viron mil Livres et assignats et treize écus en argent, qu'ils volèrent aussi une paire de souliers et beaucoup de chemises."

Cette déclaration se trouve aux Archives Départementales d'Ille et Vilaine, Dossier L 3104

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