| Le Manoir. - Au Moyen Âge le Cartier s'appelait " Le Quart-kloz ", nom d'une redevance que le tenancier devait à son suzerain. Le manoir noble du Cartier est situé sur une éminence de terre en prairie à l'est de la route allant à Marcillé, sur la rive gauche du ruisseau de Launay. Le corps de logis est construit en taille et couvert en essayes. Une tourelle accolée au nord contient la montée aux étages supérieurs. Au rez-de-chaussée communiquant entre elles, la cuisine et la salle à manger. |
| La première pièce possède une vaste cheminée à montants et manteau de granit ; au fond de l'âtre un four domestique où l'on rôtissait les viandes et tenait les plats chauds. A l'étage, deux chambres pourvues de cheminées décorées de torsades ; greniers sous les combles. Les bâtiments d'exploitation encadrent une cour rectangulaire. Tour à tour on rencontre : fournil, cellier, pavillon, grange, écurie, étable, pressoir, tour de pile, volière, refuges à porcs, puits à margelle monolithe. |
| La chapelle Saint-Suzanne n'existe plus. On montre l'ouverture d'une sorte de caveau. On prétend qu'elle donne l'accès à un souterrain qui déboucherait dans la forêt de Villecartier ; ce serait la porte de sortie des barons assiégés. La propriété était enclose de toutes parts. Il reste des traces de fortifications. En 1780, la métairie contenait 80 journaux et était affermée 600 livres aux frères Joseph et Pierre Robert. Le baron du Cartier avait droit de haute, moyenne et basse justice exercée en son auditoire au bourg |
|
Les vassaux, " sujets des fiefs de Tréhin, Mazure et de la Hampinière, devaient à cause de leurs héritages, participer à la coupe des avoines du Cartier étant avertis et nourris " (1). |
|
Les possesseurs du Cartier furent : en 1430, Jehan du Cartier ; en 1461, Jehan du Cartier fils ; en 1470, Bertrand du Cartier ; en 1513 Guyon du Cartier ; en 1540, écuyer Jacques du Cartier ; en 1551 n. h : Jean du Cartier ; en 1590 baron d' Arvilliers, marié à Jeanne du Cartier ; en 1594 n. h : Raoul du Cartier ; en 1603, écuyer Jean du Matz, marié à de Charlotte d'Arvilliers portant : " d'argent fretté de 10 pièces au chef échiqueté d'or et de gueules "; écuyer François-René du Matz, baron de Bain, de Bonnefontaine et du Cartier, marié à de Gillonne de la Marzellière, 1608 ; n. h : Pierre du Châtaignier, sieur de la Thébauldais, marié à de Hélène du Matz, veuve remariée à écuyer François de Gouyon, sieur de Launay-Commazt, veuve remariée en 3me noces à écuyer Charles du Matz, Marquis de Brossays, 1622 ; à de Marie- Vincente-Clarice du Matz du Brossays, venderesse à écuyer Pierre-Joseph de Gouyon, sieur de Launay-Commatz, mort en 1751 ; à écuyers François de Gouyon, Jean de Gouyon, comte de Beaufort, chevalier des Ordres, époux d'Aubine Louise de Gouyon, émigrés en 1792, leurs biens contisqués le 18 prairial, an II, vendus nationalement 18.869 livres par le gouvernement à M. Anger de la Loriais, acquéreur de Beauvais. (1) Arch. d'I.-et-V., série E ; aveu d'Anne Anger, veuve de Luc Bôcher, 28 février 1775. |
|
|